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L’aquaculture : un secteur porteur d’emploi

Publié le 30-08-2018

L’aquaculture est promise à un bel avenir comme le mentionne l’article publié dans le journal sud-ouest le 25 août 2018. De quoi donner confiance aux élèves de baccalauréat professionnel productions aquacoles et BTSA aquaculture du lycée de la mer et du littoral.

Du poisson d’élevage pour satisfaire l’appétit mondial

L’aquaculture représente maintenant la moitié du poisson consommé dans le monde. Mais face à l’énorme appétit de la planète, le danger est grand de produire toujours plus dans des conditions écologiquement désastreuses

L’année 2014 a été le théâtre d’un de ces tournants qui passent inaperçus. Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, on a consommé plus de poisson d’élevage que de poisson sauvage. Deux ans plus tard, en 2016, l’aquaculture représente 53% de la consommation mondiale. C’est la conséquence du plafonnement des prises en mer et en rivière : 81,5 millions de tonnes en 2014, cinq millions de tonnes de moins qu’au plus haut historique, en 1996. Malgré la course à l’armement des bateaux de pêche, la mauvaise santé des stocks halieutiques de par le monde n’autorise aucun espoir de rebond significatif.

C’est donc l’aquaculture qui doit encaisser le formidable appétit de la planète pour le poisson. En 1961, un terrien mangeait 9 kilos de poisson par an. En 2017, 20,5 kilos dans un contexte d’envolée démographique qui va s’accompagner d’une hausse mécanique de la demande.

Les deux tiers en 2030 ?

Selon une étude publiée il y a un an dans la revue Nature Ecology & Evolution, les perspectives de croissance de l’aquaculture sont gigantesques. Dans l’absolu, on pourrait produire cent fois plus d’animaux marins qu’on n’en consomme aujourd’hui. Les prévisions sont à l’avenant. L’an passé, le cabinet américain Allied Market Research a estimé que le marché mondial de l’aquaculture devrait passer de 145 milliards d’euros en 2015 à 208 milliards d’euros en 2022. L’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) et la Banque Mondiale prévoient que, d’ici 2030, les deux tiers de la consommation de produits de la mer proviendront de fermes aquacoles.

Il y a un revers à la médaille. Organisé ce 25 août à Montpellier, le congrès international Aqua 2018 s’est notamment penché sur les conséquences environnementales de cet essor. Ces dernières années, des révélations sulfureuses se sont par exemple succédé sur les conditions d’élevage des saumons norvégiens. L’utilisation de pesticides pour venir à bout des poux de mer, un parasite (un crustacé minuscule) qui se loge dans les écailles du poisson, a été largement commentée.

On va produire plus de poissons mais on sera obligé d’avoir moins d’impact sur l’environnement", résume Lionel Dabbadie, chercheur en aquaculture au Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement). L’agro-écologie pourrait être appelée à la rescousse, par exemple le système traditionnel de rizi-pisciculture pratiqué en Madagascar. Des carpes sont élevées dans les rizières. Elles creusent le sol et remettent en suspension des sels nutritifs, ce qui profite au riz. Dans le même temps, elles se nourrissent des végétaux aquatiques qui poussent sur les tiges du riz.

En agriculture urbaine, de grands espoirs sont fondés sur l’aquaponie, qui consiste à utiliser les déjections des poissons pour la culture hors sol de fruits et de légumes. Les élevages de saumons se mettent aussi à des pratiques plus durables en introduisant des lompes, des petits poissons qui sont des prédateurs des poux de mer. C’est l’application à l’aquaculture des principes de la lutte biologique déjà adoptés en agriculture et en horticulture.

La Norvège réplique également par le gigantisme. Depuis l’an dernier flotte au large une ferme géante de saumons : 110 mètres de diamètre, plus du double de la normale, pour 68 mètres de profondeur. Cet énorme volume a été pensé pour accueillir plus d’un million de saumons. Son éloignement, ainsi que la force du courant qui traverse l’élevage, sont censés diminuer la prolifération du pou de mer et disperser les déjections. Mais rien ne prouve à ce stade la durabilité du modèle.

Article à retrouver dans le journal sud-ouest le 25 août 2018.

Légende photos:

Une ferme géante de saumons en Norvège

Crédit photo : Céline SERRAT AFP

Le mariage du riz et des carpes

Crédit photo : Martin BERNETTI AFP

Portfolio :